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Quatre jours à Auckland juin 23 2015

Infos : , rétrolien

20/11/11

La fraîcheur des couleurs matinales pour un départ à Aukland. C’est une grande première : je me risque à affronter les frimas de la Nouvelle-Zélande : de 13° à 19° ! Vaillamment revêtue de ma polaire et de quelques pulls (bien que j’aie l’intention de me fournir en purs moutons néo-zélandais), j’arrive à Tontouta quand le soleil, moins matinal que moi, émerge.

Me voici la première dans l’aéroport propre comme un sou neuf (et quand on songe à tout ce qu’il vient de coûter en travaux, la comparaison a de la « valeur ») et refait de neuf, c’est-à-dire aligné sur le modèle (les moutons sont en Nouvelle-Zélande, ceux de Panurge ne sont pas loin) de tous les aéroports du monde, insipides, inodores et sans saveur : sols en miroir, vastes espaces, et nous voilà désormais planant dès que les vitres en coulissant, nous ouvrent les portes du ciel… Néanmoins c’est « moins pire » (comme disent nos amis québécois) que ce que je craignais : les proportions restent modestes : 10 avions par jour, pensez si la Nouvelle-Calédonie avait vraiment besoin de mettre tant de sous dans sa vanité internationale… C’est fou comme pour dépenser les gouvernements sont inventifs ! Donc exit le minuscule bout du monde qu’on rejoignait à pieds sur le tarmac doux et chaud depuis la passerelle… Ratée une des dernières occasions de saluer d’un regard d’oiseau les montagnes drues et plissées d’ombres à l’horizon, en envoyant un sonore quoique intérieur « Salut vieux continent, peu de siècles te contemplent mais ils ont déjà fait pas mal de dégâts… ». Certains d’entre ceux qui me lisent, si je ne les ai pas lassés depuis longtemps, doivent se demander si, sœur de Rousseau, je ne haïrais pas en bloc la civilisation (« Retournez donc brouter l’herbe de nos vaches » lui suggérait l’aimable Voltaire)… Tout faux ! Je raffole des fabuleux gratte-ciel de Hong-Kong que je vais avoir le bonheur de retrouver bientôt, je porte aux nues le Centre culturel Tjibaou dont l’invention architecturale déploie ses ailes et ses nids au-dessus de la lagune, révère son créateur Renzo Piano et tant d’autres fabuleux architectes, je suis une fanatique d’internet et de ses trésors (à côté de bien des dangers), etc., etc…. Mais j’aime aussi et surtout la diversité. Ce n’est hélas pas la tasse de thé de la modernité. Pourquoi j’aime tant la Nouvelle-Calédonie ? Parce que quelque chose y résiste au bulldozer de nos civilisations « émergées », cède du terrain, certes, mais pour l’instant rien de ce qu’on appelle (quelques ringards à vrai dire) « valeurs », et tente – désespérément ? – de les préserver tout en adoptant le meilleur des innovations. Il y a des ratés. Néanmoins l’entreprise vaut le coup d’être tentée. Suspense…

(Murmures dans le chœur, hochements de têtes à gauche, puis à droite, mimiques inquiètes puis ravies)

Fini donc le regard global du voyageur qui s’empare avec gourmandise, du haut de la passerelle, d’un paysage nouveau. Plongeons droit, désormais, dans les couloirs standards du monde moderne.

Libérée de ma valise, j’en profite pour un tour de photos du « petit » aéroport face à l’imposant, toujours fidèle et amical, Mont Tonta à l’horizon.

 

8 heures – C’est beau la puissance d’un avion qui décolle[1], qui s’arrache au monde connu pour s’élancer dans celui qui n’existe pas. L’avion : un beau moment d’apesanteur psychologique.

Les petits malins doivent se demander quand on finira par arriver à Auckland. Qu’ils se rassurent, on n’y va pas à pieds. Eh bien nous y voilà : 2 heures 45 de vol, Noumea + 2 heures, France +12 heures… Mais frisquet : 17°.

Et voilà déjà un bon point : enfin un anglais compréhensible ! Surprise aussi : je suis sous le charme du peu de nature que j’aperçois entre l’aéroport et la ville. Honnêtement, je renâclais depuis cinq ans à venir en Nouvelle-Zélande, me disant que des fjords, des montagnes proprettes à la Suisse, des lacs et de vastes vallées à moutons, nous avions tout ça en Europe, et que pour ce qui est du « typic English » j’avais l’Australie. Tout faux ! Au moins pour ce que j’aperçois des petites maisons de banlieue, le côté anglais – sa culture de l’intimité et du « cosy » – y est finalement moins prononcé qu’à Sydney, et une présence « exotique » de la nature plus sensible. Bon, le centre d’Aukland est, lui, très « british », mais là encore plus lointainement que Sydney, comme si l’on avait ici coupé depuis plus longtemps le cordon ombilical avec la maison mère.

Surprise encore : j’ouvre la porte de la « chambre » réservée par internet et que vois-je ? Un couloir, un séjour (canapé, table, télé, chaine Hi-Fi) avec cuisine à l’américaine (micro-ondes, lave-vaisselle avec son sachet de poudre à laver, et frigo rempli d’un petit dej’ d’arrivée – il sera remplacé chaque jour, c’était « petit déjeuner compris »), deux chambres (avec télé chacune, un instant j’ai songé que j’allais voir surgir un colocataire… mais non, il y a une chaîne de sécurité !), salle de bains et deux balcons !! Le tout pour la modique somme de 50 euros par nuit, j’ai cru rêver et suis même allée vérifier à la réception qu’il n’y avait pas erreur et que je payais bien ce prix-là. Le Petit futé disait : « Si vous n’êtes pas trop regardant sur le service, cet hôtel a l’avantage d’être en plein centre ville. » Quand je pense qu’en Nouvelle-Calédonie j’ai une case sombre avec juste un cintre sur une ficelle et W.C. à l’extérieur pour 50 euros, côté tourisme il y a du boulot ! Ça ne vaut peut-être pas une suite à Manhattan mais rapport qualité/prix rien à dire !

Nous sommes dimanche, j’ai aussitôt filé inventorier les ressources du coin. Pas mon genre de planifier : j’aime laisser mes pas et mon œil me mener, juste un plan pour les noms de rues et l’emplacement des musées. Aujourd’hui temps frais mais plein soleil… En vrac j’ai trouvé :

- les épreuves d’un décathlon sur Queen Street,

- un sitting, devant Town Hall, d’une association en lutte pour l’écologie et contre les inégalités (un vaste programme),

- sur une place une porte à ce qu’il m’a semblé d’inspiration maorie (aucune inscription),

- presque tous les magasins ouverts outre le Centre commercial du métro et celui des cinémas. Si je ne trouve pas de concert, je m’offrirai une bouteille de champagne que je dégusterai dans ma suite de luxe. La douanière s’est étonnée que je ne vienne que pour 4 jours, je lui ai expliqué que je venais pour mon anniversaire, ce qui l’a fait rire et m’a concilié ses bonnes grâces…

- le Père Noël à sa place au-dessus du magasin de livres Whitcoulls, mais à part sa présence proéminente, peu de décorations de Noël dans les rues ou les magasins.

- quelques arcades retro, le « Strand », la « Queen’s Arcade »

Et tout en allant je me suis retrouvée au port (un centre ville beaucoup plus petit que celui de Sydney) où avait lieu la cérémonie de remise des médailles du décathlon, étonnée de ne pas être plus fatiguée que ça après m’être levée à 4 heures du matin…mais bon, ce sera pour cette nuit et les jours suivants ! Fidèle à mes habitudes, j’ai acheté de quoi remplir mon frigo et foncé dans un pub où j’ai craqué pour une Leffe brune, face à un restaurant japonais (visiblement une communauté japonaise importante par ici)…

Petite rêverie du soir avant d’aller m’effondrer dans mon lit : les Néo-Zélandais ne semblent pas joyeux et farfelus comme les Australiens. Plutôt sérieux et concentrés, onctueux et pépères en cette fin de dimanche familial. Il faudra voir demain…

 

21/11/11

Démarrage – tardif – par un temps plus frais avec pull et polaire.

Cette fois, un peu exploré sur la gauche de Queen street, du côté de l’église St Matthew face à la flèche de la Sky city, puis retour sur Queen et la Wellesley street direction la Art gallery (voisine de l’Albert Park où je suis allée pique-niquer à la sortie) fleurie à l’entrée et à l’intérieur par Choi Jeong Hwa.

Collections de peintres néo-zélandais, en mezzanine ceux de l’école victorienne (pas trop mon délice, j’ai passé assez vite) et à l’étage l’art contemporain donc, comme partout : un peu de tout, mais au moins quelques petites choses intéressantes et stimulantes, dont un Peter Robinson aux formes crémeuses d’icebergs en polystyrène entre supports métalliques noirs qui pourraient aussi bien être des porte-manteaux que des armatures d’échelle ou des fenêtres sur le vide, et quelques autres peintres dont je n’ai pas retenu les noms… étonnant comme ils évoquent tous un monde du détruit, du détérioré, du sali, des détritus… J’en suis tout étonnée de découvrir que les fleurs et les pelouses soignées existent encore à l’Albert Park… Petite visite à la clock tower de l’université voisine, avant une après-midi de halte en halte, dos oblige, dans les petites rues, les arcades, et jusqu’à la gare des ferries histoire de repérer une excursion à faire après-demain, demain étant réservé au musée d’Auckland où je me réjouis d’avance de découvrir l’art maori.

Pas trouvé de spectacle intéressant pour demain : dommage Ann Sophie von Otter était là le 16 novembre et on donne « Rigoletto » le mois prochain. A vrai dire le repos m’ira beaucoup mieux.

Petites notes du soir :

- pas mal de Français

- peu de clochards

- une proximité de Noël peu envahissante

- il paraît qu’Auckland est en 3è position des villes agréables à vivre. Je le crois volontiers. Agréable… mais belle, non. Malgré la présence de l’eau, son charme n’est pas comparable à celui de Sydney.

- Les passants n’ont pas l’agressivité des Parisiens mais pas non plus la jovialité exubérante des Australiens. Ils sont lointains, sérieux, comme absents et occupés, genre « chacun chez soi », mais je les crois fiables et solidement amicaux.

- des sacs poubelles illustrés de fleurs… Pas une mauvaise idée pour un engrais symbolique. Une bonne idée à filer aux écolos.

Le froid, le vent et la pluie m’ont rabattue vers mon appartement plus tôt que prévu, non sans que j’aie harponné au passage un take away dîner indien à déguster en compagnie de Chamisso embarqué pour son « Voyage autour du monde »… Si son fantôme se promène encore en Nouvelle-Zélande (ou l’ombre de son héros Peter Schlemil[2] ?) nous nous y rencontrerons…

 

22/11/11

Aujourd’hui au moins, le soleil est à l’horizon et je pars vaillamment cette fois de l’autre côté de Queen Street vers le « Domaine » où loge le muséum d’Auckland. A deux pas du Centre ville (au reste de petite dimension et sans urbanisme intéressant) me voilà dans une banlieue semblable à toutes les banlieues, étirée, sale et abandonnée. Un petit quart d’heure de marche et voici la solennelle entrée du « Domaine » et ses vastes horizons. Un peu lasse déjà je m’assieds sous un pin impressionnant qui m’a tout l’air d’être un cousin de notre pin colonnaire néo-calédonien, et au bord de la mare aux canards, le temps de faire quelques photos… Toujours amusants ces jardins à l’anglaise dans une nature exotique, une petite jungle apprivoisée.

Finalement peu emballée par le musée : malgré une belle collection d’objets du Pacifique, de beaux bois sculptés maoris, l’ensemble est mal présenté, vieillot et tristounet.

Un petit pique-nique sur un banc du « Domaine » avant d’aller plonger dans le quartier de Parnell voisin et, paraît-il, très animé. Celui de Ponsonby l’est, dit le guide, le soir, mais j’avoue que je n’ai pas assez de vaillance pour le service de nuit.
Pas facile pour autant de rejoindre mon but : dès qu’on sort du Centre ville, tout est fait plutôt pour les voitures que pour les piétons, donc pas mal de détours. Je ne sais pas si le résultat le valait, sauf pour quelques cadeaux de luxe que mon porte-monnaie a apprécié à sa façon, pas de doute que Parnell mérite sa place au top des villages coquets et branchés.

Retour par l’Albert Park, le Parlement et Queen Street

 

23/11/11

Trois jours de vagabondage urbain ont suffi au bonheur de mon dos. Il n’a pas aimé la plaisanterie : je ne vois pas de quoi il se plaint : je n’ai pas arrêté de le nourrir en anti inflammatoires ! Alors aujourd’hui c’est relâche : juste un aller jusqu’au ferry en passant par les petites rues du Centre encore non visitées, et 1heure et demie de croisière en ferry sur la baie, histoire de découvrir Eaukland… Le port et les quais n’ont rien de séduisant. Rien à voir avec l’aménagement (touristique certes mais bien fait) de Darling Harbour et Sydney Harbour à Sydney. Pas non plus de gratte-ciel bien intéressants. A vrai dire un gros port commercial.

- Le phare de Bean Rock : à l’entrée de Waitemata Harbour, ce phare historique a été construit en 1871 et son petit « cottage » hexagonal pouvait héberger un gardien, jusqu’en 1912 où il fut automatisé…

- un petit arrêt d’un quart d’heure sur l’île de Rangitoto, petite île volcanique émergée de l’eau par une série d’explosions il y a six cents ans…

- et nous voilà repartis vers Devonport et sa base navale, contre le vent par mauvais temps et grosse mer, presque tous les passagers ont abandonné la passerelle. La prochaine fois je pense que je viendrai passer une journée à Devonport : jolies plages et rivages riants…

- un peu plus loin le Harbour bridge, un haut lieu du saut à l’élastique…

- enfin, à l’arrivée le « Hilton sur mer » : une belle idée que voilà !

 

Retour par quelques courses et repos/thé au Starbucks habituel. Quelques photos incongrues au passage…

 

24/11/11

Un temps exécrable : pluie, vent et froid.

Les Néo-Zélandais semblent équipés et habitués. Pas moi. Heureusement c’est le départ. Je suis donc allée vite me réfugier dans un fauteuil (profond !) du Starbucks voisin (une jolie architecture intérieure en arrondi sous miroirs) et j’ai attendu 12 heures 30 avant d’aller trouver la navette à l’hôtel.

Je n’ai pas eu le temps de voir grand chose mais cela m’a donné le goût du revenez-y. Pas pu découvrir beaucoup de la culture maorie qui m’intéresse. Ce que j’en ai aperçu (et ce que j’en savais) semble bien intégré à la culture néo-zélandaise, à l’opposé de ce qui se passe en Australie.

Quant à Auckland, une ville pas tape-à-l’œil mais paisible, un monde qui semble paisible et attachant. C’est si rare de nos jours qu’il faut le noter.



[1] Eh oui… ! J’aime aussi l’avion. Désolée Voltaire, l’herbe à vaches m’intéresse médiocrement.

[2] Conte de Chamisso, paru en 1813


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