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Une randonnée dans les Boutières mai 3 2016

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Un Voyage dans les Boutières (Ardèche)

10 au 13 septembre 2006

Lundi 11 :

Départ du Pral à 9 heures. Je balisais hier soir mais je suis toute guillerette ce matin.

10 heures : j’ai tellement bien marché qu’en une heure je me trouve près de St Pierreville où je dois coucher ce soir. C’est surtout que je n’ai pas trouvé d’endroit où m’arrêter puisque mon projet n’est pas de marcher mais de m’arrêter, mais les bons coins ne sont pas faciles à trouver : ils doivent être à l’ombre pour le repos, à l’abri des regards pour les besoins et assez beaux pour faire une aquarelle et rêver.

Rencontré madame Delarbre, habitante de la Coste actuellement à la maison de retraite à St Pierreville, installée avec un compère sur une souche. J’ai devisé un peu avec ces échappés de la maison de retraite et décidé grâce à leurs renseignements de faire un détour par Puaux, le Poux et Tauzuc. Pour l’instant un peu de repos sur le chemin de Puaux, bien contente de quitter un peu mon barda, supportable mais tout de même pesant au bout de 6 kilomètres. Temps radieux et on nous l’annonce tel toute la semaine. Un temps parfait de septembre ni trop chaud ni trop frais… Le chemin où j’ai réussi à trouver le coin idéal mène à une maison abandonnée (Le Goutailloux peut-être d’après ma carte) au bord d’une rivière, affluent de la Glueyre. Pour l’instant je m’occupe surtout de faire sécher mon tee-shirt qui est trempé, mais j’ai bien envie de pique-niquer ici tant le coin est joli, voire de me trempoter un peu dans la la rivière… Derrière une petite grille brinquebalante il y a même une table dans la cour si je veux déjeuner.

Finalement c’est décidé, après délibération avec moi-même, je m’arrête un peu ici.

12 heures 15 : le temps d’une photo, d’une aquarelle, un bon déjeuner (spaghettis -il en reste pour ce soir-, oeuf dur, babybel -il en reste pour la semaine- et compote de pommes), une bonne sieste dans l’odeur de l’herbe (les premiers colchiques apparaissent) bercée par le bruissement de l’eau, et je vais reprendre mon “pied la route” ainsi que mon gros bâton. J’ai été réveillée par trois biquettes qui m’observaient du haut d’un muret et tentaient de me raconter leur histoire. Preuve que tout n’est pas si abandonné que ça par ici.

1/2heure plus tard : arrêt perplexe à Puaux devant la propriété de l’ex-ambassadeur : où est le chemin ? J’appelle Madeleine qui connaît tout par ici : il faut traverser la propriété et retrouver le chemin jusqu’à une grande ferme et le Poux. Je repars, le chemin est superbe, genre celui de Le Pral/Plos, entre châtaigniers et fougères… Mais je me perds, mon turban et mon sac à dos s’accrochent à toutes les ronces. Ouf, j’aperçois Le Poux au-dessus de moi ! Nouvel arrêt pour faire sécher le tee-shirt et boire après une rude montée à flanc de coteau. Mais que c’est beau !

15 heures 30 : 2è arrêt. Enfin Tauzuc… Vu la chaleur j’avais rêvé d’un café ouvert et que je pourrais déguster une bonne menthe à l’eau sur la place du village. Hélas Tauzuc est ravissant mais désert (gros hameau pourtant, beaucoup de vacanciers par là semble-t-il) et il n’y a pas de place de village… J’ai dû me contenter de l’eau tiède de ma gourde. Ne reste plus qu’à redescendre sur St Pierreville en saluant les vaches au passage. Mine de rien j’aurai tout de même fait presque 16 kilomètres aujourd’hui et presque sans m’en rendre compte !

17 heures : arrivée à St Pierreville après un peu de repos dans une châtaigneraie. Il était temps, mon genou commençait à flancher. Le temps de dévaliser la seule épicerie ouverte le lundi (Proxi, bravo aux Proxi), de déposer mon barda chez la logeuse, Madame Chave, une charmante petite dame frêle ahurie de voir débarquer aussi chargée une aussi petite bonne femme et presque voisine (du Pral !), et me voici au café, bien sûr devant une bonne bière, en compagnie de la jeunesse de St Pierreville. Stéphane (d’Ardelaine), Gilles (notre disc-jockey du Festival de Gluiras) passent, ahuris eux aussi de me voir attablée ici. Je savoure un instant de triomphe, une fois n’est pas coutume… ! On m’avait annoncé que tout serait fermé mais non, le café où je suis peut me faire une bonne omelette… dont je ne vais pas me priver !

Mardi 12 :

Départ 8 heures 30 de chez la brave petite Madame Chave (sur la table du salon “L’Attente de Dieu” de Simone Weil : c’est moi qui suis épatée…), arrêt au café pour le petit déjeuner. Je vois débarquer Pierre Mollard, un pilier de Gluiras, à peine étonné de me trouver installée au café de St Pierreville à cette heure.

Démarrage à 9 heures. Les épaules un peu endolories de la journée d’hier renâclent un peu mais bon elles s’y feront. Le genou gauche aussi. Pour le délester je me sers du bâton.

10 heures 15 : La Croix de Ferrières- 1er arrêt. Au départ petite photo de moutons blottis les uns contre les autres dans une combe. J’ai monté un peu moins vite qu’hier (5 kilomètres en 1 heure 1/4) : la fatigue et ça monte ! Heureusement la route est à l’ombre entre les bois de châtaigniers. Je croise plusieurs ramasseurs de champignons.

Au passage j’ai admiré, le temps d’une photo, le château de la Tour…

A la Croix de Ferrières je choisis le soleil pour sécher mon tee-shirt et un coin entre les genêts avec vue panoramique sur la région. Le temps est toujours superbe, idéal pour ce genre de randonnée (notamment moins chaud que la semaine dernière). Ici, sur le plateau le vent souffle… on respire ! Le temps de quelques photos, d’une aquarelle et je redémarre à 11 heures. A la bifurcation entre St Julien du Gua et Issamoulenc j’hésite : le premier est trop près, le deuxième me rallonge beaucoup. Je choisis d’aller à Issamoulenc que je ne connais pas, à 1,5 kms (puis les Peyses, Cros, Cévelas, Foulix, La Pervenche et Intres ma destination). Bien m’en prend, c’est superbe.

12 heures : pause déjeuner entre Issamoulenc et Les Peyses. Coin superbe, à l’ombre sous les pins et vue sur la vallée. Au menu : du jambon acheté à St Pierreville, les spaghettis d’hier, du babybel et une crème à la vanille. Je me régale !

Une épaule souffre un peu trop, il est temps de la délester, j’ai tout de même fait 9 kilomètres depuis ce matin. Au passage d’Issamoulenc j’ai admiré sa petite église jouxtant le cimetière…

Une bonne petite sieste sous les pins pour calmer l’épaule qui commence à me faire du souci. Je n’aime pas trop les pins, ce sont des arbres qui ont des ramifications en barrière, mais il faut reconnaître que vue du dessous leur chevelure brillante et clairsemée est assez gaie.

Sauf entre la Croix de Ferrières et Issamoulenc, j’ai surtout circulé ce matin sur des routes ombragées en sous-bois : frênes et fougères. Je suis surtout des départementales (mais si j’ai croisé dix voitures depuis ce matin c’est bien le diable) faute d’avoir une carte de randonnées assez précise.

Redémarrage vers 13 heures 30 mais nouvel arrêt vers 15 heures (mon épaule ne supporte pas davantage) juste après la Pervenche -jolies maisons pimpantes de vacanciers visiblement-, elle-même juste après le joli pont de Foulix et sa chute d’eau.

Arrivée à Intres au gîte à 16 heures 30. Ouf ! Les derniers kilomètres ont été vraiment durs… j’en ai surtout fait 2 de trop car je me suis trompée à La Pervenche. Avec tout ça j’ai encore fait à peu près 16 kilomètres aujourd’hui. Mais à Intres quelle récompense ! Un studio pour moi toute seule au domaine du Folastère, avec terrasse sur la vallée et quelle vue ! Le temps d’un bavardage avec le propriétaire (charmant et qui m’aide à tracer la route de demain pas évidente… il me fait même une photocopie de sa carte meilleure que la mienne) puis d’une douche et je reprends mon pied la route pour St Julien du Gua : 3,5 kilomètres par un sentier heureusement bien balisé, 7 kilomètres aller/retour qui vont s’ajouter aux 16 de la journée mais c’est qu’il fallait choisir entre marcher ou se priver de dîner !

A St Julien du Gua je me ravitaille un peu à la boulangerie/alimentation pour demain puis j’avise un restaurant dont la porte est entrebâillée : une dame étonnée m’accueille, non ils ne font pas restaurant aujourd’hui, ils reviennent d’Aubenas… mais pour moi elle fera bien une assiette de charcuterie et du fromage ! Je m’installe. La journée a été rude, ça vaut bien deux bières ! La pièce est sombre, c’est dommage de ne pas savourer l’air du soir dehors et en même temps je suis émerveillée : est-ce dans l’espace que je me déplace ou dans le temps ? Existe-t-il encore des cafés/restaurants comme celui-ci avec sa vieille tapisserie des années trente, son poêle au milieu de la pièce et un invraisemblable tuyau qui traverse toute celle-ci à mi-hauteur ? J’allais oublier une pendule ensommeillée qui marque le quart, la demie et l’heure d’un carillon nostalgique. En tout cas la charcuterie (saucisson, pâté, caillette) est délicieuse (mais ce soir je mangerais des pierres que je les trouverais délicieuses !) et le fromage à l’avenant. Je suis revenue vite pour ne pas me trouver dans le petit chemin du bois à la nuit (certains passages sont escarpés), au crépuscule c’est déjà bien assez impressionnant. Mais là encore, ne suis-je pas dans un autre temps : sept kilomètres aller/retour pour aller dîner ? En tout cas la promenade du retour est digestive et quel bonheur au débouché du bois sur la route de retrouver l’horizon large, le ciel rose (c’est bon pour demain! ) et le friselis du vent ! A présent je profite de la terrasse en bois, avancée comme un paquebot sur le vide dans un paysage de rêve, derniers moments avant la nuit à déguster Amalia Rodriguez et “Longue marche” de Bernard Ollivier (1400 kilomètres à travers l’Anatolie, début d’un voyage à pieds de 12000 kilomètres sur la route de la soie… De quoi m’inspirer). Profitons-en vite : la journée de demain sera encore plus rude : chemin pas facile à trouver et de toute façon c’est long et ça monte… Aïe !

Note : mon hôte m’a raconté qu’on appelait autrefois la route St Julien du Gua/St Pierreville (faite aujourd’hui dans l’autre sens) “route du pécule” parce que les mères la prenaient une fois par mois pour aller toucher à la ville les allocations familiales. Hélas, l’une d’elles fit un jour la route pour rien : l’administration avait exceptionnellement fermé.

Mercredi 13 :3è jour- Le Folastère (Intres)/Marcols les eaux

9 heures 15 : 1er arrêt à La Paille, juste après le col de La Fayolle. Mais c’est que je suis partie plus tôt (8 heures) car la route est longue (environ 20 kilomètres). J’ai opté en effet pour la version longue mais sûre : se perdre dans un petit chemin souvent mal indiqué à 16 heures quand on est épuisée et chargée, cela peut être sordide. Donc je prends les départementales : col de La Fayolle, des 4 Vios et Marcols. Après les sous-bois de la sortie de Intres je retrouve l’air du grand large un peu avant le col. C’est grandiose. Le temps est un peu nuageux mais je ne regrette pas le soleil : c’est plus facile pour marcher. Du vent et une vague menace d’orage à l’horizon. Tout de même je mets un petit pull. J’ai bien choisi l’itinéraire : s’il pleut il sera plus facile de faire du stop. Aïe, j’ai oublié ma gourde au gîte… heureusement qu’il fait moins chaud et je demanderai une bouteille à mon amie Joke ce soir. Mais tout de même…

Autre point noir : une épaule me fait très mal et pour éviter que le poids du sac à dos ne repose sur elle, je suis obligée de soutenir la bretelle avec ma main droite ! Faux espoir : un panneau annonçait “300m, La Paille, Bar, Restaurant…” (le premier bar depuis le départ, du moins dans la journée), je me suis prise à rêver d’un bon café et d’acheter une bouteille d’eau. Las, l’endroit est désert, le café fermé. J’ai tout de même décidé de m’installer sur le pré en contrebas : tables, chaises et belle vue. Je prendrais bien le temps d’une aquarelle si l’orage ne menaçait pas ! L’endroit est impressionnant, presque fantomatique, une de ces bâtisses longues, tristes et isolées des cols à panorama pour touristes… j’entends battre dans un silence sinistre et le vide le panonceau Heineken…

Une chance, j’avise peu après La Paille le sentier de GR dont m’a parlé au téléphone mon hôte de demain à Senoulis. Sentier bien indiqué (plan/carte à l’entrée) et balisage (Bravo Marcols !), donc je le prends, c’est tout de même mieux que la D 122 même si c’est très caillouteux (pas bon pour le dos) et je m’en réjouis : un paysage des hauteurs, austère, solitaire. J’ai croisé un paysan au col de la Fayolle et depuis, plus personne. Faute d’interlocuteur j’ai adressé la parole aux chevaux sur mon chemin.

11 heures 15 : 2è arrêt aux abords du Coulet Gras. Je suis à peu près à mi-chemin. Les coins de rêve sont un peu plus difficiles à trouver aujourd’hui : il faut aussi qu’ils soient à l’abri du vent. Celui-ci l’est et a un peu de vue au sortir d’un long bois mais difficile d’y faire la sieste sur les aspérités des rochers. Tant pis, je ne peux faire le héron. La sieste et l’aquarelle ce sera pour plus tard. Je vise le col des 4 Vios où il y a je crois un café (et dans mon souvenir une crêperie). Le chemin m’a tout de même un peu rallongée et je repars donc assez vite. Il m’amène au “Champ de Mars” panorama à 360° d’où l’on embrasse d’un seul coup d’oeil les Boutières. Epuisée, avant de regarder je commence par dormir. J’ai retrouvé ici le beau temps, le soleil et le sourire car je commençais à craquer. Mais au réveil le ciel est de nouveau nuageux… Un petit moment de panique : je ne retrouve plus le chemin : comment sortir de ce labyrinthe de genêts derrière lesquels se cachent des falaises à pic ? Ouf, le voici entre les pins et même il m’annonce “Mauras, 3,9 kms” (Mauras lui-même proche de Marcols). C’est ce qui est bien dans de telles équipées : des émotions inattendues ! Me revoici guillerette et telle le petit Chaperon rouge je flâne à cueillir des myrtilles pour mon amie Joke et également pour rafraîchir un peu mon gosier. A l’arrivée ce n’est pas le loup qui m’attendra mais l’orage ! Voici en effet que je débouche au col des 4 Vios mais outre que le café/crêperie rêvé est fermé (je m’installe un instant sur ses marches pour réfléchir), impossible de trouver la suite du chemin vers Mauras. Qu’à cela ne tienne : me voici partie vers Mezilhac (6,9 kilomètres) d’où il faudra redescendre vers Marcols (8 kilomètres), un détour de… 15 kilomètres ! Hélas quand j’arrive épuisée à Mezilhac (16 heures) -même après avoir croqué un délicieux gâteau à la châtaigne-, l’orage débarque et j’essuie d’abord de la grêle et du vent, de la pluie et du vent puis une pluie battante sans vent qui est pire et je suis vite trempée comme une soupe. Pas un abri à l’horizon, j’essaie bien de faire du stop mais sans succès et me voilà surgissant 1 heure 1/4 plus tard chez Joke à Salomony, dégoulinante et épuisée : 29 kilomètres au total de la journée ! Quant au paquetage il est à faire sécher de A à Z : tout le contenu du sac est trempé. Heureusement je suis chez une amie et un bon Chablis remise vite les idées noires au placard !

Petite moralité pour servir de conclusion :

Même pas un rhume le lendemain ni fatigue des jambes mais abandon par K.O. en raison de névralgies dues à une alvéolite qui fait suite à une dent de sagesse arrachée la semaine dernière. La dent a été arrachée mais pas la sagesse : je reviendrai ! Petit coucou aux animaux qui ont jalonné le chemin, biquettes, moutons, vaches et chevaux… Nos paysages superbes sont bien déserts en hommes…

Un regard le long des rails - de Valence à Lyon février 6 2016

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Comment ne jamais s’ennuyer dans un train ? Dans votre petite musette placez un appareil photo, tenez le bien en mains dès le démarrage du train et c’est parti ! Ne craignez rien, vous verrez tout, et vous le verrez autrement.

 

En attendant un atlas des rails de France, je me suis contentée d’un court trajet en TER de Valence à Lyon. Et je n’ai pas été déçue… du voyage.

D’une manière générale, la photographie permet de voir ce qu’on ne voit jamais, du moins ce qui n’a pas le temps d’arriver consciemment au cerveau ; la peinture aussi, de même qu’écrire c’est écrire ce qu’on a pensé sans le savoir. A fortiori la photographie du mouvement qui peut arrêter ce qui passe trop vite pour notre oeil.

 

Pour tous les amateurs de mouvement, cette autre vision de la réalité. Fragmentée. Ou segmentée. Et quelques réflexions qui me sont venues au passage

 

Si les grands Voyageurs que sont les TGV galopent ventre à terre à travers d’immenses zones rurales, nous laissant saisir au passage bois, forêts, routes nationales, petites ou grandes cultures vivrières, vignobles, arbres fruitiers et autres dans leur géométrie de dominos verts, dorés ou oranges selon les saisons, dessinés avec un soin minutieux, ces gagne-petit modestes que sont les TER, au plus près d’une terre immédiate, offrent au regard leurs bas-côtés et… les à côtés - accotés ? - d’un monde qu’en dehors de ceux qui y travaillent, personne ne voit d’ordinaire : qui aurait la curiosité d’aller se promener le long des voies ferrées ? Est-ce la raison pour laquelle est installée - reléguée ? - une succession ininterrompue de constructions usinières bétonnées ou de briques, et leur entassement de matériaux en désordre, ferrailles, poubelles et sacs poubelles géants, tas de sable ou de graviers, terre défoncée et boueuse, de centrales en tout genre et de leurs fumées qui ne manquent pas d’une certaine beauté lorsqu’elles caracolent dans le vent, mais… Qu’on ne croie pas les usines seules capables d’entasser ou s’entasser : constructions individuelles toutes semblables et petits HLM en série - oui, on les a installées là, c’est moins cher -, “Grandes Surfacescortèges de parkings - voitures, caravanes ou camions, vieilles voitures à la casse ou wagons abandonnés - c’est fou le nombre de ces abandons - rouillés mais au moins taggés avec allégresse. Et n’oublions pas les transformateurs, poteaux et fils électriques en tous genres, réseau arachnéen d’une certaine élégance…

Au milieu de ces mornes plaines de laideur, on aperçoit parfois, dans un petit carré de jardin, une piscine d’enfants ou une balançoire incongrues, ou soudain un père noël agrippé aux grilles d’un balcon, contrepoint dérisoire des lieux désolés, à faire pleurer de pitié comme devant un enfant qui serait désespérément accroché à sa poupée dans un tremblement de terre.

À recomposer ces fragments, c’est à 70 kilomètres de dépotoir que j’aboutis, ou, pour ce qui est encore en usage, l’infinie monotonie qui est le reverdu confort de nos sociétés, sans l’once d’une préoccupation esthétique. Où sont passés des hommes, guère moins sauvages que des Huns, la beauté ne repousse pas.

 

La beauté ? Entre les fragments, un autre paysage se dessine dans les vitres, fait de flous, de troublede superpositions, rencontre de refletsde lumières et de couleurs.

La beauté je l’ai trouvée aussi dans les tags, en file aussi ininterrompue que celle des horreurs. Pas un mur, pas une vieille barrique, pas un rebord de pierre, pas un arrêt de bus ou de gare qui n’ait son tag joyeux aux formes colorées lovées sur elles-mêmes, subtiles et élégantes calligraphies.

Alors j’ai eu plaisir à imaginer l’épopée d’un vaillant petit homme, nouveau “compagnon” de notre âge barbare, qui, muni de pots de peinture et poskas de grande taille - sans oublier parfois un équipement d’alpiniste -, “irait par les chemins, irait par la campagne”, non non, irait le long des voies ferrées, repeignant inlassablement l’autoroute de ce qu’on appelle le progrès : un vertigineux nombre de kilomètres de tags.

 

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Instants au vol

ou

Vol d’instants

 

Du côté de Tain L’Hermitage : 

 

 

 

 

 

 

  

St Rambert d’Albon :

 

 

 

De St Rambert d’Albon au Péage du Roussillon :

 

 

 

 

 

Le Péage du Roussillon

 

Du Péage du Roussillon à Vienne :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lyon à l’approche :

 

 

 

 

 

  

 

 

 Arrêt à Lyon-Jean Macé :

 

 

 

 

 

Arrivée à Lyon Perrache - Un regard sur le TER et la gare :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Retour entre Lyon Part-Dieu et le Péage du Roussillon :


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                           

 

 

 

Au niveau le plus simple, le reflet d’un seul objet dit le dédoublement de toute réalité, cette ombre/reflet d’un objet réel, d’une ombre qui lui ressemble et n’est pas lui, mais dépend de lui, attachée à ses déplacements, et jamais identique selon la place où il se trouve à la minute suivante. Image d’une réalité qui n’est jamais tout entière dans son apparence. 

 

Le reflet ou la multiplication (multiplicité ? Complexité ? Incertitude sur l’existence du réel ?) ou plutôt sur la complexification d’une vision du réel où peuvent soudain se rencontrer (dans une fenêtre, un miroir, une vitrine, etc.) des objets, des lieux, des êtres qui, dans leurs vies parallèles ne se rencontreraient jamais. Les voilà qui, par le miracle de la vitre, se superposent, presque « se fondent » l’un en l’autre, créant à deux, trois, ou davantage, une nouvelle forme, à l’intérieur de laquelle la leur propre prend une autre dimension. Formes virtuelles qui s’enlacent, créent une autre réalité et ne sont pas, comme on croyait, comme les êtres le croyaient lorsqu’il s’agit d’humains, seuls dans leur bulle. Un phénomène analogue se produit lorsque contemplant les différentes fenêtres juxtaposées d’un immeuble, le passant y voit des êtres qui s’ignorent, séparés par les cloisons de leur appartement, mais qu’il saisit, lui, d’un seul regard, tous ensemble à la fois dans leur diversité et leur ressemblance, coïncidence (co-incidence) de leurs vies au même instant.

AML

Quatre jours à Auckland juin 23 2015

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20/11/11

La fraîcheur des couleurs matinales pour un départ à Aukland. C’est une grande première : je me risque à affronter les frimas de la Nouvelle-Zélande : de 13° à 19° ! Vaillamment revêtue de ma polaire et de quelques pulls (bien que j’aie l’intention de me fournir en purs moutons néo-zélandais), j’arrive à Tontouta quand le soleil, moins matinal que moi, émerge.

Me voici la première dans l’aéroport propre comme un sou neuf (et quand on songe à tout ce qu’il vient de coûter en travaux, la comparaison a de la « valeur ») et refait de neuf, c’est-à-dire aligné sur le modèle (les moutons sont en Nouvelle-Zélande, ceux de Panurge ne sont pas loin) de tous les aéroports du monde, insipides, inodores et sans saveur : sols en miroir, vastes espaces, et nous voilà désormais planant dès que les vitres en coulissant, nous ouvrent les portes du ciel… Néanmoins c’est « moins pire » (comme disent nos amis québécois) que ce que je craignais : les proportions restent modestes : 10 avions par jour, pensez si la Nouvelle-Calédonie avait vraiment besoin de mettre tant de sous dans sa vanité internationale… C’est fou comme pour dépenser les gouvernements sont inventifs ! Donc exit le minuscule bout du monde qu’on rejoignait à pieds sur le tarmac doux et chaud depuis la passerelle… Ratée une des dernières occasions de saluer d’un regard d’oiseau les montagnes drues et plissées d’ombres à l’horizon, en envoyant un sonore quoique intérieur « Salut vieux continent, peu de siècles te contemplent mais ils ont déjà fait pas mal de dégâts… ». Certains d’entre ceux qui me lisent, si je ne les ai pas lassés depuis longtemps, doivent se demander si, sœur de Rousseau, je ne haïrais pas en bloc la civilisation (« Retournez donc brouter l’herbe de nos vaches » lui suggérait l’aimable Voltaire)… Tout faux ! Je raffole des fabuleux gratte-ciel de Hong-Kong que je vais avoir le bonheur de retrouver bientôt, je porte aux nues le Centre culturel Tjibaou dont l’invention architecturale déploie ses ailes et ses nids au-dessus de la lagune, révère son créateur Renzo Piano et tant d’autres fabuleux architectes, je suis une fanatique d’internet et de ses trésors (à côté de bien des dangers), etc., etc…. Mais j’aime aussi et surtout la diversité. Ce n’est hélas pas la tasse de thé de la modernité. Pourquoi j’aime tant la Nouvelle-Calédonie ? Parce que quelque chose y résiste au bulldozer de nos civilisations « émergées », cède du terrain, certes, mais pour l’instant rien de ce qu’on appelle (quelques ringards à vrai dire) « valeurs », et tente – désespérément ? – de les préserver tout en adoptant le meilleur des innovations. Il y a des ratés. Néanmoins l’entreprise vaut le coup d’être tentée. Suspense…

(Murmures dans le chœur, hochements de têtes à gauche, puis à droite, mimiques inquiètes puis ravies)

Fini donc le regard global du voyageur qui s’empare avec gourmandise, du haut de la passerelle, d’un paysage nouveau. Plongeons droit, désormais, dans les couloirs standards du monde moderne.

Libérée de ma valise, j’en profite pour un tour de photos du « petit » aéroport face à l’imposant, toujours fidèle et amical, Mont Tonta à l’horizon.

 

8 heures – C’est beau la puissance d’un avion qui décolle[1], qui s’arrache au monde connu pour s’élancer dans celui qui n’existe pas. L’avion : un beau moment d’apesanteur psychologique.

Les petits malins doivent se demander quand on finira par arriver à Auckland. Qu’ils se rassurent, on n’y va pas à pieds. Eh bien nous y voilà : 2 heures 45 de vol, Noumea + 2 heures, France +12 heures… Mais frisquet : 17°.

Et voilà déjà un bon point : enfin un anglais compréhensible ! Surprise aussi : je suis sous le charme du peu de nature que j’aperçois entre l’aéroport et la ville. Honnêtement, je renâclais depuis cinq ans à venir en Nouvelle-Zélande, me disant que des fjords, des montagnes proprettes à la Suisse, des lacs et de vastes vallées à moutons, nous avions tout ça en Europe, et que pour ce qui est du « typic English » j’avais l’Australie. Tout faux ! Au moins pour ce que j’aperçois des petites maisons de banlieue, le côté anglais – sa culture de l’intimité et du « cosy » – y est finalement moins prononcé qu’à Sydney, et une présence « exotique » de la nature plus sensible. Bon, le centre d’Aukland est, lui, très « british », mais là encore plus lointainement que Sydney, comme si l’on avait ici coupé depuis plus longtemps le cordon ombilical avec la maison mère.

Surprise encore : j’ouvre la porte de la « chambre » réservée par internet et que vois-je ? Un couloir, un séjour (canapé, table, télé, chaine Hi-Fi) avec cuisine à l’américaine (micro-ondes, lave-vaisselle avec son sachet de poudre à laver, et frigo rempli d’un petit dej’ d’arrivée – il sera remplacé chaque jour, c’était « petit déjeuner compris »), deux chambres (avec télé chacune, un instant j’ai songé que j’allais voir surgir un colocataire… mais non, il y a une chaîne de sécurité !), salle de bains et deux balcons !! Le tout pour la modique somme de 50 euros par nuit, j’ai cru rêver et suis même allée vérifier à la réception qu’il n’y avait pas erreur et que je payais bien ce prix-là. Le Petit futé disait : « Si vous n’êtes pas trop regardant sur le service, cet hôtel a l’avantage d’être en plein centre ville. » Quand je pense qu’en Nouvelle-Calédonie j’ai une case sombre avec juste un cintre sur une ficelle et W.C. à l’extérieur pour 50 euros, côté tourisme il y a du boulot ! Ça ne vaut peut-être pas une suite à Manhattan mais rapport qualité/prix rien à dire !

Nous sommes dimanche, j’ai aussitôt filé inventorier les ressources du coin. Pas mon genre de planifier : j’aime laisser mes pas et mon œil me mener, juste un plan pour les noms de rues et l’emplacement des musées. Aujourd’hui temps frais mais plein soleil… En vrac j’ai trouvé :

- les épreuves d’un décathlon sur Queen Street,

- un sitting, devant Town Hall, d’une association en lutte pour l’écologie et contre les inégalités (un vaste programme),

- sur une place une porte à ce qu’il m’a semblé d’inspiration maorie (aucune inscription),

- presque tous les magasins ouverts outre le Centre commercial du métro et celui des cinémas. Si je ne trouve pas de concert, je m’offrirai une bouteille de champagne que je dégusterai dans ma suite de luxe. La douanière s’est étonnée que je ne vienne que pour 4 jours, je lui ai expliqué que je venais pour mon anniversaire, ce qui l’a fait rire et m’a concilié ses bonnes grâces…

- le Père Noël à sa place au-dessus du magasin de livres Whitcoulls, mais à part sa présence proéminente, peu de décorations de Noël dans les rues ou les magasins.

- quelques arcades retro, le « Strand », la « Queen’s Arcade »

Et tout en allant je me suis retrouvée au port (un centre ville beaucoup plus petit que celui de Sydney) où avait lieu la cérémonie de remise des médailles du décathlon, étonnée de ne pas être plus fatiguée que ça après m’être levée à 4 heures du matin…mais bon, ce sera pour cette nuit et les jours suivants ! Fidèle à mes habitudes, j’ai acheté de quoi remplir mon frigo et foncé dans un pub où j’ai craqué pour une Leffe brune, face à un restaurant japonais (visiblement une communauté japonaise importante par ici)…

Petite rêverie du soir avant d’aller m’effondrer dans mon lit : les Néo-Zélandais ne semblent pas joyeux et farfelus comme les Australiens. Plutôt sérieux et concentrés, onctueux et pépères en cette fin de dimanche familial. Il faudra voir demain…

 

21/11/11

Démarrage – tardif – par un temps plus frais avec pull et polaire.

Cette fois, un peu exploré sur la gauche de Queen street, du côté de l’église St Matthew face à la flèche de la Sky city, puis retour sur Queen et la Wellesley street direction la Art gallery (voisine de l’Albert Park où je suis allée pique-niquer à la sortie) fleurie à l’entrée et à l’intérieur par Choi Jeong Hwa.

Collections de peintres néo-zélandais, en mezzanine ceux de l’école victorienne (pas trop mon délice, j’ai passé assez vite) et à l’étage l’art contemporain donc, comme partout : un peu de tout, mais au moins quelques petites choses intéressantes et stimulantes, dont un Peter Robinson aux formes crémeuses d’icebergs en polystyrène entre supports métalliques noirs qui pourraient aussi bien être des porte-manteaux que des armatures d’échelle ou des fenêtres sur le vide, et quelques autres peintres dont je n’ai pas retenu les noms… étonnant comme ils évoquent tous un monde du détruit, du détérioré, du sali, des détritus… J’en suis tout étonnée de découvrir que les fleurs et les pelouses soignées existent encore à l’Albert Park… Petite visite à la clock tower de l’université voisine, avant une après-midi de halte en halte, dos oblige, dans les petites rues, les arcades, et jusqu’à la gare des ferries histoire de repérer une excursion à faire après-demain, demain étant réservé au musée d’Auckland où je me réjouis d’avance de découvrir l’art maori.

Pas trouvé de spectacle intéressant pour demain : dommage Ann Sophie von Otter était là le 16 novembre et on donne « Rigoletto » le mois prochain. A vrai dire le repos m’ira beaucoup mieux.

Petites notes du soir :

- pas mal de Français

- peu de clochards

- une proximité de Noël peu envahissante

- il paraît qu’Auckland est en 3è position des villes agréables à vivre. Je le crois volontiers. Agréable… mais belle, non. Malgré la présence de l’eau, son charme n’est pas comparable à celui de Sydney.

- Les passants n’ont pas l’agressivité des Parisiens mais pas non plus la jovialité exubérante des Australiens. Ils sont lointains, sérieux, comme absents et occupés, genre « chacun chez soi », mais je les crois fiables et solidement amicaux.

- des sacs poubelles illustrés de fleurs… Pas une mauvaise idée pour un engrais symbolique. Une bonne idée à filer aux écolos.

Le froid, le vent et la pluie m’ont rabattue vers mon appartement plus tôt que prévu, non sans que j’aie harponné au passage un take away dîner indien à déguster en compagnie de Chamisso embarqué pour son « Voyage autour du monde »… Si son fantôme se promène encore en Nouvelle-Zélande (ou l’ombre de son héros Peter Schlemil[2] ?) nous nous y rencontrerons…

 

22/11/11

Aujourd’hui au moins, le soleil est à l’horizon et je pars vaillamment cette fois de l’autre côté de Queen Street vers le « Domaine » où loge le muséum d’Auckland. A deux pas du Centre ville (au reste de petite dimension et sans urbanisme intéressant) me voilà dans une banlieue semblable à toutes les banlieues, étirée, sale et abandonnée. Un petit quart d’heure de marche et voici la solennelle entrée du « Domaine » et ses vastes horizons. Un peu lasse déjà je m’assieds sous un pin impressionnant qui m’a tout l’air d’être un cousin de notre pin colonnaire néo-calédonien, et au bord de la mare aux canards, le temps de faire quelques photos… Toujours amusants ces jardins à l’anglaise dans une nature exotique, une petite jungle apprivoisée.

Finalement peu emballée par le musée : malgré une belle collection d’objets du Pacifique, de beaux bois sculptés maoris, l’ensemble est mal présenté, vieillot et tristounet.

Un petit pique-nique sur un banc du « Domaine » avant d’aller plonger dans le quartier de Parnell voisin et, paraît-il, très animé. Celui de Ponsonby l’est, dit le guide, le soir, mais j’avoue que je n’ai pas assez de vaillance pour le service de nuit.
Pas facile pour autant de rejoindre mon but : dès qu’on sort du Centre ville, tout est fait plutôt pour les voitures que pour les piétons, donc pas mal de détours. Je ne sais pas si le résultat le valait, sauf pour quelques cadeaux de luxe que mon porte-monnaie a apprécié à sa façon, pas de doute que Parnell mérite sa place au top des villages coquets et branchés.

Retour par l’Albert Park, le Parlement et Queen Street

 

23/11/11

Trois jours de vagabondage urbain ont suffi au bonheur de mon dos. Il n’a pas aimé la plaisanterie : je ne vois pas de quoi il se plaint : je n’ai pas arrêté de le nourrir en anti inflammatoires ! Alors aujourd’hui c’est relâche : juste un aller jusqu’au ferry en passant par les petites rues du Centre encore non visitées, et 1heure et demie de croisière en ferry sur la baie, histoire de découvrir Eaukland… Le port et les quais n’ont rien de séduisant. Rien à voir avec l’aménagement (touristique certes mais bien fait) de Darling Harbour et Sydney Harbour à Sydney. Pas non plus de gratte-ciel bien intéressants. A vrai dire un gros port commercial.

- Le phare de Bean Rock : à l’entrée de Waitemata Harbour, ce phare historique a été construit en 1871 et son petit « cottage » hexagonal pouvait héberger un gardien, jusqu’en 1912 où il fut automatisé…

- un petit arrêt d’un quart d’heure sur l’île de Rangitoto, petite île volcanique émergée de l’eau par une série d’explosions il y a six cents ans…

- et nous voilà repartis vers Devonport et sa base navale, contre le vent par mauvais temps et grosse mer, presque tous les passagers ont abandonné la passerelle. La prochaine fois je pense que je viendrai passer une journée à Devonport : jolies plages et rivages riants…

- un peu plus loin le Harbour bridge, un haut lieu du saut à l’élastique…

- enfin, à l’arrivée le « Hilton sur mer » : une belle idée que voilà !

 

Retour par quelques courses et repos/thé au Starbucks habituel. Quelques photos incongrues au passage…

 

24/11/11

Un temps exécrable : pluie, vent et froid.

Les Néo-Zélandais semblent équipés et habitués. Pas moi. Heureusement c’est le départ. Je suis donc allée vite me réfugier dans un fauteuil (profond !) du Starbucks voisin (une jolie architecture intérieure en arrondi sous miroirs) et j’ai attendu 12 heures 30 avant d’aller trouver la navette à l’hôtel.

Je n’ai pas eu le temps de voir grand chose mais cela m’a donné le goût du revenez-y. Pas pu découvrir beaucoup de la culture maorie qui m’intéresse. Ce que j’en ai aperçu (et ce que j’en savais) semble bien intégré à la culture néo-zélandaise, à l’opposé de ce qui se passe en Australie.

Quant à Auckland, une ville pas tape-à-l’œil mais paisible, un monde qui semble paisible et attachant. C’est si rare de nos jours qu’il faut le noter.



[1] Eh oui… ! J’aime aussi l’avion. Désolée Voltaire, l’herbe à vaches m’intéresse médiocrement.

[2] Conte de Chamisso, paru en 1813

Les Plaisirs et les Jours calédoniens août 10 2009

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I - WEEK-END DU 1er MAI - RANDONNÉE ALPN À TOUHO MISSION - CÔTE EST

cf.  http://alecui.uniterre.com/

Un week-end dans la bonne ambiance de l’ALPN (Association de loisirs pleine nature), mais le mot “randonnée” est peut-être un bien grand mot pour ce que j’en ai fait : une petite demi-heure de marche le samedi jusqu’au fort militaire de Touho et le lendemain une promenade qui menait tranquillement (une heure de marche) jusqu’au barrage, et en aval à la cascade où le bain a été très apprécié après la montée par un temps splendide et chaud.

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9 mai
Profité avant le départ en Chine ce soir d’un dernier très doux après-midi sur ma terrasse entourée de chants d’oiseaux. Je ne sais pas comment je pourrai m’en arracher. Mais je m’aperçois que plus je vieillis et moins j’ai d’idées sur ce que je ferai “quand je serai grande”. Dans l’immédiat en tout cas je n’ai même pas envie de partir en Chine. Mais je n’ai jamais envie de partir et je suis toujours contente de revenir…

II - VOYAGE EN CHINE

 31 mai

Et  en effet retour hier soir d’un voyage de trois semaines dense et superbe…

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(grottes de Yunggang - Chine du Loess)

cf.  BLOG “Notes de Voyage”-  trois articles :

• Trois jours à Pékin
• La Chine du loess
• En Pays miao et dong
(lien :  ”La Chine du loess” : http://amlecui.blogspot.com/2009/06/la-chine-du-loess.html)

2 - et huit ALBUMS  :
• Chine 2009 - Images (il ne contient pas toutes les photos mais une sélection de photos de tout le voyage sur le thème de “les images  qui me sont restées du voyage”)
Lien :  http://picasaweb.google.com/AMLECUI?feat=email
• Trois Jours à Pékin
3 juin 2009
Lien : http://picasaweb.google.com/AMLECUI/TroisJoursAPekin?authkey=Gv1sRgCOeO0cfnic21Aw&feat=email#
• La Chine du loess (qui contient toutes les photos de cette partie du voyage)
Lien : http://picasaweb.google.com/AMLECUI/LaChineDuLoess?authkey=Gv1sRgCNrxxK704bvFEw&feat=email#

• Les rues de Pingyao (album-thème) :
Lien : http://picasaweb.google.com/AMLECUI/RuesDePingyao?authkey=Gv1sRgCNDOpJil1NeF5wE&feat=email#  

• Paysages de rizières (album-thème) :
Lien :    http://picasaweb.google.com/AMLECUI/PaysagesDeRizieres?locked=true#
• Scènes de rue (album-thème) :
Lien : http://picasaweb.google.com/AMLECUI/ScenesDeRue?authkey=Gv1sRgCMSjlp7o3puRBw&feat=email#
• Une journée à Shanghai
16 juil. 2009
Lien :    http://picasaweb.google.com/AMLECUI/UneJourneeAShanghai?authkey=Gv1sRgCIffxvqn-O6OXw&feat=email#
• Enfants de Chine
16 juil. 2009
Lien : http://picasaweb.google.com/AMLECUI/EnfantsDeChine?authkey=Gv1sRgCOi1kOT3hNqdkAE&feat=email#

 

III - WEEK-END PROLONGE DU 14 Juillet- Quatre Jours du Côté de Hienghene

Toujours en - petite - randonnée (pour moi du moins) avec l’ALPN, l’occasion en tout cas de découvrir la monnaie kanak chez un des rares artisans de la Grande Terre à la fabriquer encore.

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 (monnaie kanak - coquillages, poils de roussettes, écailles de tortue, bois de fer).

Aujourd’hui les billets de banque remplacent souvent les objets traditionnels dans les cérémonies d’échange. Mais certains objets ont gardé leur sens sacré et sont toujours échangés. La monnaie de coquillage symbolise le sang, la vie qui circule entre les ancêtres et les vivants, la Parole qui parcourt le pays kanak. La seule utilisation du tapa (étoffe d’écorce battue) qui subsiste aujourd’hui est l’étui de monnaie confectionné par quelques rares personnes.

Et d’admirer toujours les couleurs de la Côte Est…

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 IV -  CÉRÉMONIE COUTUMIÈRE À TJIBAOU

Samedi 25 juillet
L’exposition documentaire « Tāvaka lanu’imoana, mémoires de voyages », organisée en partenariat avec l’association Tavaka, retrace les migrations qui ont lié les îles Wallis et Futuna à la Nouvelle-Calédonie au cours des cent-cinquante dernières années de notre histoire. Par les Tavaka épiques des premiers temps, mais aussi le marché de la main d’oeuvre “sans foi ni loi”  dans le Pacifique au 19è et au XXème siècle (enlèvements et captures, bateaux voleurs d’hommes) jusqu’aux formes plus ou moins encadrées par le biais de contrats de travail inéquitables.

Plus qu’une simple exposition, cette manifestation reflète le projet pour la Nouvelle-Calédonie de participer à la construction de la mémoire collective calédonienne et de procurer les repères nécessaires aux jeunes générations, afin de mieux vivre ensemble.

A l’occasion de ce projet historique et hautement symbolique, les représentants coutumiers de Wallis et Futuna et de Nouvelle-Calédonie ont inauguré ensemble l’exposition, le samedi 25 juillet à 14h au Centre culturel Tjibaou. Cette manifestation était marquée par la présence exceptionnelle des hautes personnalités coutumières des royaumes d’Uvea (Wallis), Alo (Futuna) et Sigave (Futuna).

Encore quelques beaux moments colorés…

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 V - UN SAMEDI A NOUVILLE

8 août

A 18 heures la pièce d’Angelo Beolco, Ruzante (comédie de Saint Etienne) au théâtre de l’île : l’occasion de flâner auparavant dans Nouville. Toujours cette étrange impression sur le parking d’être face à un paysage de premier matin du monde, une sorte de tristesse d’avant l’homme, une masse de silence fermée sur elle-même.

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Et la baie au loin…

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 Dépassant le théâtre de l’île,

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 je suis descendue vers le vieux Nouville, les bâtiments de l’ancien bagne,

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et au bord de l’eau, derrière ses grilles, l’ancienne maison du directeur du bagne.

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Un monde où le passé affleure partout, suinte dans la tristesse des vieux murs encore pleins de tout ce qu’ils ont renfermé, et même dans la lumière du soir sur les eucalyptus,

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la douceur du soir qui tombe sur un pêcheur

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et un couple d’amoureux…

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Deux mois de Nouméa avril 24 2009

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22 février 2009
Ici j’ai trouvé… la canicule ! Parfois juste un chant d’oiseau qui ose s’élancer, fronder cette chaleur, en lézarder l’immobilité. On la dit “écrasante” mais je ne me sens pas écrasée. Je m’y baigne. Je m’y fonds. Oui, en posant le pied sur le tarmac bien chaud et devant ce paysage ensoleillé, c’est ce que j’ai pensé : que je retrouvais mon vrai pays. Peut-être ne vit-on pas impunément 17 ans de jeunesse dans les pays chauds…

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Comment faire quand il faudra repartir ? Mais on n’en est pas là, pour l’instant je profite de ce bon temps, de cette douceur de vivre qu’il y a tout particulièrement ici. Et du bonheur de ne rien faire. L’appartement, la terrasse et les palmiers m’ont accueillie : il n’y a plus qu’à se laisser vivre…

Une approche très différente des deux fois précédentes où j’arrivais “embauchée” et cette fois-ci totalement libre de découvrir autrement et comme en flânant, peut-être juste en laissant venir, ce pays. Ici les longues siestes, les longues rêveries, le rien-faire indolent.

Retrouvé une collègue de français de 2007 qui revient au Juvénat cette année. Nous sommes allés avec elle et son mari dîner ensemble en bord de mer. Dimanche matin 1er mars j’irai accueillir  à l’aéroport mon ex-collègue (des deux années précédentes), Pierre. Je l’héberge  pour une semaine.

24 février
Un peu désoeuvrée en l’absence de l’emploi du temps habituel au Juvénat, mince justification de ma présence ici. Au-delà des retrouvailles euphoriques avec la chaleur, il y a tout de même l’invraisemblance de cette situation dans l’espace si loin de tous…Dans le vide de tout ce vide je suis allée voleter à l’île aux canards (1)

(1) Je me suis fait reprendre vertement par le conducteur du canot à moteur pour avoir dit “l’île des canards”… Mais pour moi, oui, oui, c’est bien aux canards qu’elle appartient.

26 février
J’attends des meubles tout à l’heure : une petite bibliothèque et un bureau - pour l’instant livres et documents sont en cartons -.

J’ai renoué avec les petites courses dans Nouméa et retrouvé avec plaisir ma ville “déglinguée”, ses trottoirs abandonnés inachevés (c’est mieux ainsi… !), ses bazars chinois et ses flamboyants encore en fleurs.
J’ai renoué avec la plage (et même toute une journée à l’île aux canards) mais pas encore avec les marches matinales. Je vais m’inscrire à l’association de randonneurs de mes amis Geneviève et Alain (120 membres ) un week-end par mois, elle a l’avantage de proposer tous les niveaux, de faible (”familial”) à fort, voire de n’être que l’occasion de partir camper dans un coin de l’île et certains participants s’arrêtent là paraît-il.

Pas encore renoué avec la vie culturelle mais ça ne saurait tarder non plus : le centre culturel Tjibaou organise sa journée porte ouverte ce week-end et j’irai sans doute. Hier soir je me suis contentée d’Australia : tout plein de bons sentiments et au moins il y a quelque chose qui passe d’un message sur les aborigènes. Pour du grand public ce n’est pas si mal.

Je vais chercher mon ex-collègue Pierre ce dimanche à l’aéroport. Il sera là jusqu’à vendredi. Un grand nomade…

Pas encore retrouvé le Juvénat, j’irai la semaine prochaine, je laisse les nouveaux répétiteurs prendre leurs marques avant de m’y pointer. Et moi il faut que je trouve les miennes dans cette autre approche de Nouméa où j’aurai forcément moins de travail que les années précédentes. Bien sûr je me plais beaucoup ici (et d’une certaine façon un peu culpabilisée d’être trop bien) mais je ne fais tout de même pas 22000 kilomètres pour me contenter de profiter du beau temps….
Sais pas… je verrai…

28 février
Un temps gris, très chaud, très lourd. J’aime ce plomb qui écrase la terre. Et moi avec.
Et je continue à me laisser porter, flotter au hasard des impressions. Avec derrière tout cela la très vague impression d’avoir réintégré le paradis ou ce qui s’approche tellement de l’idée que je pourrais m’en faire que je dois me frotter les yeux pour y croire. Vaguement coupable aussi. Au paradis on ne fait rien. Et je ne fais rien d’ailleurs. Toute une vieille culture judeo-chrétienne de la souffrance en est assommée…

Je me suis inscrite à l’Association de randonneurs : la prochaine sortie est le 21 et 22 mars au Pic Ouitchambo  près de Boulouparis à une soixantaine de kilomètres de Nouméa. Pas très difficile mais je n’y suis jamais allée. L’intérêt aussi c’est d’être accueilli en tribu (on emporte sa tente).
Un comité de lecture par mois à la bibliothèque Bernheim. Un cours par semaine au Centre d’art. Cette année c’est sur le portrait. Histoire là encore de se renouveler un peu.

8 mars
Fin d’un dimanche sur la terrasse. Le crépuscule, Ella Fitzgerald, la brise, un verre de bière… Les oiseaux, le soir, plongent dans la verdure, se jettent avec ivresse dans les touffes des arbres, feuilles au milieu d’autres feuilles, enveloppés, caressés par elles, nid de plumes que la nuit ferme peu à peu. Pas plus sensuel qu’un oiseau peut-être…
C’est totalement invraisemblable d’être là et en même temps tellement merveilleux. Je dois me pincer pour ne pas croire que je rêve.

Fin aussi d’une semaine hors de l’ordinaire solitude. J’ai reconduit Pierre vendredi soir à l’aéroport après un séjour bien court mais excellent. Il va bien me manquer.
Une belle arrivée pour lui sous le soleil dimanche dernier au matin et aussitôt un pique-nique à la plage de Carcassonne à Plum (sud de Nouméa). L’eau est très chaude en ce moment et je me suis baignée longtemps (Pierre, lui, n’est pas un marin). Une bonne sieste puis un départ sous l’orage et nous avons vite rejoint le Cinécity pour le très beau film de Clint Eastwood L’Echange.

Sinon, la vie ordinaire, Pierre était tout de même un peu fatigué par ce voyage “fou” (22000 kilomètres dans les deux sens avec seulement cinq jours entre les deux !) donc on n’a pas forcé, mais c’était très sympathique de traîner un peu au gré de ce qui se présentait : une après-midi peu touristique dans la sinistre zone commerciale de Ducos à la recherche d’un bon fauteuil de lecture pour moi (trouvé), un petit tour sur les hauteurs de Montravel pour admirer la vue (avec encore un retour sous l’orage : de bonnes pluies tropicales en ce moment, elles rafraîchissent - peu de temps -  l’atmosphère), de bons moments de fou-rire sur la terrasse à profiter de la brise, pour moi des courses-prétextes dans Nouméa  pendant que Pierre allait rejoindre ses copains archéologues à la fac, etc., etc.
Nous avions projeté, une fois les formalités achevées, de partir mercredi vers Houailou et la superbe route de Kouawa avec retour sur Bourail et camping à la plage de Poé (centre ouest). Mais le ciel était menaçant, la pluie annoncée… Nous  sommes modestement partis jeudi matin (un  temps splendide) chercher du ravitaillement à la distillerie de Boulouparis (nous avions tout de même réussi en trois jours à descendre une bouteille de liqueur de niaouli. Cette fois j’ai rapporté de la liqueur de Corrosol et de l’eau-de-vie de bois noir - acacia de bois noir plus exactement. Santé !) puis marcher (jusqu’à l’îlot Lepredour), pique-niquer, nager et siester sur la splendide plage de Bouraké, vide évidemment…

PROMENADE JUSQU’À L’ÎLE LEPREDOUR

La baie de St Vincent est une vaste étendue d’eau, isolée du large par le Grand Récif mais également par un chapelet d’îlots dont certains atteignent des altitudes relativement élevées : Puen, 110 m; Lepredour, 225 m

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 15 mars
UN DIMANCHE SUR LA PLAGE DE MAGENTA
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18 mars
Tellement bien sur ma terrasse à la fraîcheur délicieuse du soir que je n’arrive pas à m’en arracher : je vais finir par y installer mon campement nocturne. La balustrade ressemble à un bastingage et me voilà bateau en partance…

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(nuit au balcon)

Toujours du mal à y croire, je dois me pincer. L’appartement est lisse, serein, tout blanc de lumière et de neuf ; peu de choses mais l’essentiel ; aucun souci… J’ai l’impression de glisser sur une réalité qui a le bon goût de se faire oublier. C’est si rare !

La petite vie s’organise avec le Juvénat le lundi et le mardi, le cours de dessin/peinture le jeudi, les premières randonnées qui se pointent et toujours un temps rayonnant depuis un mois que je suis là…

24 mars
Le temps s’est mis à la grimace depuis samedi. Je suis tout de même allée rejoindre l’ALPN (Association de Loisirs pleine nature) à Ouitchambo.

Destination: BOULOUPARIS : Sentier du Pic de Ouitchambo
 Longueur : 10km - Durée : 4h30 A/R – Niveau : moyen
Le sentier part du château DEVAMBEZ qui est situé au centre de la tribu. Il traverse les jardins vivriers et la forêt, puis serpente le long d’un creek jusqu’au pied du col. Par la suite, l’ascension est assez raide mais le plaisir des yeux arrivé au sommet du
Pic Ouitchambo récompense l’effort. Des guides de la tribu proposent leurs services pour l’ascension.

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(Le Pic Ouitchambo la tête dans les nuages)

Pas trop d’averses au moment de monter la tente et celle-ci était bien imperméable heureusement car la journée a été plutôt arrosée… Néanmoins sympathique et intéressante : l’après-midi occupé à suivre deux jeunes de la tribu sur les terres de l’ancienne et immense propriété Devambez :

La maison du Ouitchambo et ses dépendances anciennement appelées château Devambez furent construites entre 1891 et 1899 dans la commune de Boulouparis. Elles ont intégré la liste des monuments historiques classés le 07/03/2002. La maison principale du domaine a été détruite lors d’un incendie en octobre 2005.

Charles Devambez (1848-1930) établi en Australie depuis 1875 arrive en Nouvelle Calédonie en janvier 1879, envoyé par un négociant de Sydney dans le but de soumissionner des marchés pour l’administration pénitentiaire.

Il décide de se lancer dans l’élevage du bétail et la production du café sur une propriété acquise à Ouitchambo en 1879. Il dessine les plans et dirige les travaux de construction avec l’aide de la main d’œuvre mélanésienne, pénale et asiatique. Pour préparer les matériaux nécessaires à la construction de la maison, une scierie,

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 (la scierie… aujourd’hui !)

une briqueterie, un four à chaux et une forge sont installés à proximité. Au pied de la cascade sont aménagés un barrage et un captage de l’eau de la rivière.

En 1884, il prend la direction des Etablissements Ballande, la plus importante affaire commerciale de Nouvelle Calédonie.

Il démissionnera en 1891 et se consacrera au développement de sa propriété tout en s’impliquant dans de nombreuses charges citoyennes. Charles Devambez s’installe dans sa grande maison avec sa famille en 1899. Sa femme et deux de ses enfants décèdent quelques années plus tard, ils sont enterrés dans le petit cimetière familial. Charles Devambez s’éteint le 29 août 1930 dans sa propriété du Ouitchambo.

… une bonne balade de deux heures…

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près de  la tribu,

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du petit cimetière familial Devambez,

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par des chemins de gadoue à ne pas imaginer mais entre les pamplemousses

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et les pommes cannelle…

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Nous sommes revenus bien trempés et crottés mais ravis !

Raison n’est pas coutume j’ai tout de même déclaré forfait dimanche matin…

Retrouvé hier les petits élèves que je n’avais vus qu’une fois la semaine précédente. Toujours aussi gratifiants et je les retrouve avec un immense plaisir. Nous étions quatre répétiteurs de français hier soir et aucun n’a chômé.

Ce jeudi après l’atelier de peinture une petite conférence au Centre Culturel Tjibaou : Identités culturelles et sentiment d’appartenance au Pays : une enquête dans le Grand Nouméa- Conférence de Benoît Carteron - Maître de conférences en Ethnologie: “La Nouvelle-Calédonie demeure confrontée à l’incertitude d’une coexistence pacifique des communautés culturelles. Croisant des points de vue qui s’expriment habituellement de manière séparée, la recherche menée par Benoît Carteron explore la manière dont les habitants défendent leurs appartenances culturelles, perçoivent celle des autres, expriment leurs convergences et divergences. Le conférencier présentera les résultats de cette recherche en s’interrogeant sur la construction d’une “identité” et d’une “citoyenneté” appelées à dépasser le clivage entre indépendance kanak et loyauté envers l’État français. La société pluriculturelle prolongeant la reconnaissance réciproque des communautés sera-t-elle davantage qu’un idéal ? Quels sont les signes qui manifestent, ou au contraire contredisent, l’émergence d’une identité culturelle commune sans laquelle le Pays ne peut exister ?”

Hier une journée sans pluie, à traîner dans Nouméa pendant que j’avais laissé la voiture au garage pour la révision. J’ai regretté d’avoir oublié mon appareil photo, j’en aurais profité pour prendre ces maisons vieillottes, souvent abandonnées, dans leur recoin d’herbes hautes derrière une grille, des maisons comme je les aime - et qui vont disparaître -, esseulées, sans prétention, et qui ont l’air de vivre leur petite vie tranquille sans qu’on les remarque… Jusqu’à ce que vienne le promoteur - et ici il guette, hélas, le promoteur. Comme ailleurs -. Elles sont à l’image de Nouméa : un monde bâtard entre deux eaux, entre la petite vie tranquille d’autrefois et l’arrivée menaçante des maux d’une civilisation qui s’enraye : toujours plus de voitures donc d’embouteillages, mais aussi voitures de luxe des frimeurs qui débarquent, surgissement de cars et camions (pour la deuxième usine en prévision dans le nord) donc toujours plus d’accidents et dangers sur les routes, travaux urbains, aménagements de sens interdits, etc. etc… Et pendant ce temps une population qui va encore à son rythme naturel, passantes volumineuses qui attendent sans impatience sur leur banc l’arrivée de l’autobus - occasion de se reposer et bavarder un peu - ou vont de leur pas traînant faire les courses, on s’arrête, on taille le bout de gras au carrefour en laissant les voitures passer où elles peuvent - voitures qui ne s’impatientent pas davantage (sauf celles des nouveaux frimeurs) - ou bien on leur fait un petit salut, on se repose, on s’affale sur un banc et on repart “quand je…”
Oui, les deux rythmes coexistent encore, mais pour combien de temps ? Et on voit bien où est le pot de terre…
Une évolution qui pourrait nourrir le pessimisme… Mais il y a tout ce beau temps, les palmes indolentes, et encore assez de douceur de vivre (je l’entends au sens humain et non matériel) pour laisser loin derrière les excès des pays émergés. Tout est relatif.
Sur ces considérations nostalgiques je me suis repliée vers la mer, sur ma petite plage préférée, et totalement solitaire ce lundi, du “Rocher à la voile”…

Aujourd’hui pluie battante et ininterrompue : je suis allée rendre une petite visite au Cinécity voir Les Noces rebelles…

3 avril
Tous ces temps-ci de bonnes grosses pluies tropicales impressionnantes. L’avantage des pluies chaudes est qu’elles ne perturbent guère le quotidien. Et une petite semaine de vacances commence aujourd’hui donc pas de Juvénat ni de cours de dessin la semaine prochaine. Ça me va très bien de pantoufler.

7 avril
Un bon dimanche où je suis allée déguster mon petit sandwich à Tjibaou et profiter du calme et du silence pour faire mon courrier (eh oui, de temps en temps ce n’est pas sur ordinateur). Un lieu magique et serein, calme (et les rares promeneurs baissent la voix) mais un silence habité : au loin un aboiement, des rires d’enfants sur la plage proche…

UN DIMANCHE A TJIBAOU

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(… Légèreté de “cases” se profilant au détour du chemin entre la verdure. Fragments d’une architecture qui se glisse au coeur de la nature. )

Et soudain - une seule fois - dans l’angle du chemin :

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(une perspective d’ensemble…)

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(l’arrivée sur la “Case” centrale”)

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(et toujours cette forme d’oeuf - qui n’est pas celle d’une vraie case-. Eclosion d’un monde, d’une civilisation, d’un rêve…)

Promenade sur le chemin “kanak”, dans le clair-obscur des allées :

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à travers le symbolisme de leurs étapes : ici celle de la naissance de Tea Kanaké, le premier homme, à l’aube du monde (”la lune déposant sa dent sur un rocher qui émerge de l’océan des origines”),

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et tout au bout du chemin, celle de la “renaissance” après l’initiation, où Téa Kanaké ” porteur de la continuité de la Parole, traverse la roche percée, symbole de la renaissance” :

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Promenade au “Jardin des plantes” symboliques et entre des tapis de verdure…

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Tout au bout la lagune,

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la plage de Magenta et ses surfeurs…

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… un autre monde, si loin, si proche.

Une semaine de “vacances” tranquilles commence. Aujourd’hui un temps splendide pour les inaugurer (mais cela ne devrait pas durer nous dit la meteo, nous avons un temps très capricieux en ce moment et quelques bonnes douches viennent ponctuer les journées de chaleur).

Des occupations  et de menus projets : hier et aujourd’hui je suis allée donner un cours de français au jeune Idriss (en 6è)  - originaire de LifouJoking) que j’avais rencontré avec ses parents dans l’avion en décembre… 2007, nous avions lié amitié et ils viennent de me contacter -

Ce soir je vais au théâtre de l’ïle vers 18 heures pour une petite lecture de textes : “La compagnie Cris pour Habiter Exils vous propose une lecture de textes d’Edward Bond le mardi 7 avril à 18h30 au Théâtre de l’île. - Cette lecture se penchera essentiellement sur les écrits qu’Edward Bond a pu réaliser sur son théâtre. Olivia, Laurent et Sylvain, les 3 comédiens de Si ce n’est toi liront également des poèmes de l’auteur. Cette lecture vous permettra de mieux appréhender l’œuvre d’Edward Bond et la toute nouvelle compagnie d’Olivia Duchesne, comédienne et metteur en scène néo-calédonienne formée au Conservatoire national de Marseille.”) et jeudi à 18 heures 30 au Centre d’Art au vernissage de l’exposition d’un peintre cubain, Hans Vergara).
Voilà une des choses qui me plaît tant à Nouméa : non seulement j’ai la nature à portée de pieds (tous les paysages sous les yeux : montagne aussi bien que mer), mais aussi une ville à dimensions humaines (où que l’on se trouve dans Nouméa le centre ville est à 10 minutes), à portée de flânerie, avec ses avantages culturels : bibliothèque, cinéma, théâtre, expositions, conférences, etc.

Ce samedi, randonnée du côté de Houailou sur la côte est, pour trois jours de randonnée, mais un programme “cool”.

8 avril
Le projet de lectures sur Bond n’était peut-être pas assez bien défini mais cela m’a donné au moins l’envie de me pencher un peu sur quelques textes de cet auteur dont je n’avais pas aimé les pièces au théâtre de la Colline il y a quelques années.

Je ne sais pourquoi je suis allée assez peu souvent depuis mon arrivée à Nouméa dans la Presqu’île de Nouville où est situé le théâtre de l’île (deux ou trois fois au théâtre le soir et deux ou trois fois seulement au bout de la presqu’île à la plage de Kuendu).
C’est pourtant un lieu étrange et fascinant. A cinq minutes seulement du Centre Ville mais celle-ci s’arrête brutalement et on parcourt trois kilomètres presque déserts à part quelques îlots de vie - L’Université, le Centre historique de Nouville (1) - pour se trouver soudain devant un paysage vide, monotone, de collines dont on a bizarrement l’impression qu’elles viennent de surgir du premier matin du monde. Une sorte de tristesse d’avant l’homme qui n’a rien à voir avec la solitude somptueuse et sauvage des Edens tropicaux. Au crépuscule comme j’y suis arrivée ce soir, c’est une masse de silence fermée sur elle-même.
Le théâtre n’est pas moins étonnant qu’elle, insolite dans ce lieu qui ne l’accueille pas davantage que le passant ni que le bâtiment pénitentiaire qu’il a été (2). C’est pourtant là que j’ai compris soudain ce soir pourquoi j’aime tant la Nouvelle-Calédonie, sur ce bout d’île désolée qui en est comme la métaphore : pour cette invention invraisemblable d’une France à 22000 kilomètres de chez elle, pour tout ce qu’on y respire encore de cette histoire qui affleure dans le présent et s’y intègre apaisée. Comme notre Cartoucherie le bâtiment restauré

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a parfaitement gardé la mémoire de ce bagne qui vient s’afficher dans le regard en même temps que sa visée désormais ludique : encore un insolite, un décalage qui ne peut pas faire d’enjambée plus grande que celle-ci et qui me rappelle que c’est aussi ce qu’a été le destin de la Nouvelle-Calédonie, un destin “forcé” où coexistent cependant aujourd’hui et de mieux en mieux deux cultures.
Alors on est là à flâner dans la douceur du soir devant ce bâtiment sévère, austère, et en attendant la lecture de Notes éparses sur l’intolérance d’Edward Bond. Je rêve… mais non je ne rêve pas, il y a toujours ici quelque chose d’une juste proportion des contraires.

(1) Ce quartier a été créé sur une île près de la côte Nord-Ouest de la péninsule, devenue une presqu’île avec la construction de remblais et d’un pont. Appelée par les Français, au moment de la création, de Port-de-France devenue depuis Nouméa en 1854, l’île fut appelée Dubouzet, du nom du marquis Eugène du Bouzet qui était alors le gouverneur des Établissements français du Pacifique. Elle est rapidement rebaptisée « île Nou », et depuis qu’elle est devenue une presqu’île artificielle, Nouville. On y trouve principalement les vestiges du bagne de Nouméa, le campus principal de l’université de la Nouvelle Calédonie, la section néo-calédonienne de l’IUFM du Pacifique, le centre hospitalier Centre hospitalier spécialisé Albert-Bousquet qui fut en son temps hôpital pénitentiaire

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ainsi que le Centre pénitentiaire du Camp-Est.

À l’extrémité de la presqu’île se trouve la plage du Kuendu beach, bordée de l’hôtel du même nom, du restaurant « Le Grand Chêne »

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(un futur pilier de case en cours d’élaboration par le sculpteur)

et d’une plaine sur laquelle sont organisés certains grands concerts de groupes ou artistes internationaux (notamment de reggae). La plage du Kuendu Beach mais aussi l’entrée de la rade de Nouméa est dominée par les vestiges d’un fort militaire et de sa batterie d’artillerie construits en 1877 et classés monuments historiques en 1978, le Fort Téréka.

(2) Construit en 1875, le bâtiment qui abrite aujourd’hui le Théâtre de l’Ile devait à l’origine devenir un lieu de culte pour les bagnards. Mais faute d’être consacré à cette mission voulue comme un sauvetage des âmes des déportés et “transportés”, le lieu fut utilisé à partir de 1886 comme magasin de vivres pour l’administration pénitentiaire, puis à partir de 1930 comme lieu d’élevage de… vers à soie, salle de bal et enfin centre de regroupement des prisonniers en 1940.
C’est en 1970 qu’une première rénovation le transforme en salle de cinéma et de spectacle. Et en septembre 2000 seulement qu’il devient, après plusieurs saisons de préfiguration, le Théâtre de l’Ile, doté d’une jauge de 354 places, en mesure d’accueillir aussi bien des créations locales en danse et théâtre que des spectacles venus de l’extérieur.

14 avril
Pour ce week-end de randonnée un régime d’arrosage (dix minutes d’accalmie suivies d’une demi-heure de trombes d’eau) et d’attaques sauvages de moustiques…  je ne dis pas ce que ça a donné sous la tente ! Néanmoins une promenade le samedi jusqu’à la mer.

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Au passage on admire les petits abris où sont vendus fruits, coquillages ou légumes,

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ou la végétation

dscn3512.jpg Lys de Malabar (Gloriosa superba)

Et voici le bras d’eau qui mène à la mer…

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avec ses “objets” insolites…

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Promenade suivie d’une baignade merveilleuse dans les rouleaux du style “Côte sauvage” près de Royan,

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et quatre heures de marche sous la flotte le dimanche. A l’horizon, quand il se dégageait, un très beau paysage,

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mais on regardait plus souvent à nos pieds…

Nous voilà partis, laissant encore quelques “objets” insolites au départdscn3542.jpg

puis cheminant, devisant en longue file sur la piste rouge

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dans tout ce vert  noyé d’eau

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et sans oublier de profiter des goyaviers au passage.

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“Que d’eau, que d’eau” ! La tente a résisté, mon dos aussi (quoique à sa limite). Un peu fatiguée mais contente…

Et toujours une ambiance sympathique

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le soir au coin du feu

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dans un site superbe,

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dans les locaux de la tribu,

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où l’on ne manque pas de place pour monter la tente

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ou festoyer.

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 23 avril

Et j’ai retrouvé les activités de Nouméa :  l’atelier de dessin,  puis un petit film au Centre Culturel Tjibaou*, le Juvénat deux soirs par semaine, la préparation du voyage en Chine (la valise est sortie !) et d’ici-là le week-end randonnée à Touho (côte est) pour le week-end du 1er mai. Pas encore de quoi chômer.

* Un véritable régal, il passe à Tjibaou des films comme on n’en voit plus en France. Des cinéphiles passionnés s’occupent de ces haltes de “24 images seconde dans les mers du Sud” :
24 images seconde dans les Mers du Sud
Projection de fictions. Venez (re)découvrir le Cinéma du Pacifique !

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Taro le Païen - Last of the Pagans
Drame de Richard Thorpe (1935) - 1h20
Soirée présentée par Pierre Faessel, Cinéphile

En 1935, Richard Thorpe réalise Taro le Païen, la première de ses trois incursions dans le Pacifique, avec la comédie musicale On An Island With You (Dans une île avec vous, 1948) etAll The Brothers Were Valiant (La Perle noire, 1953). Quoique réalisateur prolifique de westerns et de films d’aventures (Tarzan, Ivanhoe, Les Chevaliers de la Table Ronde)  Thorpe réussit un excellent film, suffisamment osé pour avoir été interdit en Allemagne et censuré en France.

Jeudi 23 avril 2009 à 18h15 / salle Sisia / entrée gratuite dans la limite des places disponibles…”



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